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5 mars 2015Pourquoi Didier Robert quitte Air Austral
http://www.clicanoo.re/463086-pourquoi-didier-robert-quitte-air-austral.htmlArès avoir démissionné de la présidence de la SPLA Maraïna en octobre dernier, Didier Robert va quitter celle du Conseil de surveillance d’Air Austral. Il cumulait jusqu’ici quatre mandats (président de Région, de la Sematra et d’Air Austral), sans compter celui de sénateur. Et sachant qu’un rapport de la Chambre régionale des comptes avait tout ce cumul dans le collimateur, Didier Robert a donc préféré prendre les devants en démissionnant d’Air Austral une compagnie « en bonne santé », a-t-il précisé, hier soir, lors d’une conférence de presse aux côtés du PDG Marie-Joseph Malé. Il y avait conflit d’intérêt entre sa fonction de président de Région, celle de la Sematra et du Conseil de surveillance d’Air Austral. Il le savait. Plutôt que d’être juridiquement et publiquement poussé à la porte par la Chambre, Didier Robert, qui présidait depuis trois ans la compagnie aérienne, a anticipé. Il s’en va serein. Avec le sourire. Avec aussi le sentiment du devoir accompli, celui d’avoir avec la direction, redressé une importante entreprise réunionnaise… grâce en partie à des fonds publics, c’est-à-dire l’argent de nos impôts. Mais ce n’est pas lui qui a inventé ce mode de financement.
Cette démission intervient début 2015, année politiquement cruciale pour Didier Robert qui remettra en jeu son mandat de président de Région d’ici à décembre prochain. Délesté de deux présidences, il pourra, outre ses quelques déplacements à Paris pour son travail de parlementaire en faveur des questions sociales et de la famille, mieux se préparer pour la bataille des régionales lors desquelles il vise sa réélection. Il va s’atteler à sa tâche. Il a d’ailleurs déjà commencé en occupant l’espace public par la multiplication de ses interventions. Un activisme médiatique qui lui permet d’être audible et visible quasiment tous les jours. Son projet majoritairement adopté par les électeurs en mars 2010 se concrétise point par point, fidèle à ses promesses électorales : le POP (Plan ordinateur portable), lancement du grand chantier de la Nouvelle Route du Littoral (NRL), soutien financier à plusieurs secteurs économiques dont le tourisme, soutien aux communes dans le dispositif anti-requins, poursuite de la continuité territoriale en engageant les finances de la Région… Didier Robert ne désespère cependant pas de « ramener » l’Etat à la « raison politique » en cumulant les deux dispositifs d’aide au voyage. Ce qui aura pour effet direct de satisfaire encore plus de familles réunionnaises. C’est ce qu’il compte bien défendre auprès de George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer, demain à Paris.
Autant dire que les deux élus ne se regardent pas avec les yeux de Chimène. Sur le dossier de la continuité territoriale – et sur d’autres aussi – ils se sont crêpés le chignon plus d’une fois. Mais Didier Robert a de l’espoir. Il profitera également de l’occasion pour remettre les pendules à l’heure avec la ministre, qui avait tancé la Région sur sa politique en matière de logements sociaux. Le président de Région devrait rappeler à George Pau-Langevin que la collectivité mettra surtout l’accent sur la réhabilitation des logements via un budget de 16 millions d’euros. Et la transition est toute trouvée pour parler de… Pierre Vergès qu’on avait ici même interrogé, il y a deux semaines, sur la rumeur le présentant comme le futur directeur de la SHLMR. Il nous avait répondu : « C’est de l’intox ». Depuis, l’actuel conseiller général qui ne se représentera plus, a décidé de postuler parce qu’il sera « disponible » à partir de fin mars. Il nous l’a confirmé, hier soir par téléphone. Il se sent prêt à relever le challenge. Mais bon, pour l’instant, il n’a pas encore décroché le poste !
(Phrase de relance)
« Il s’en va avec le sentiment du devoir accompli, celui d’avoir, avec la direction, redressé une importante entreprise réunionnaise… grâce en partie à des fonds publics, c’est-à-dire l’argent de nos impôts. Mais ce n’est pas lui qui a inventé ce mode de financement »
Yves Mont-Rouge

